La maison de famille.
Publié le 15 Juin 2017
En vacances à Royan, j'étudiais la carte des environs quand je remarque le nom d'un village qui s'appelle Epargnes..... bien sûr mais bien sûr me dis-je. C'est là qu'était la maison de famille ou l'on se réunissait tous chaque été. Ni une ni deux je dis à Charles: c'est là que toute la famille se retrouvait pour les vacances d'été, j'aimerais bien revoir la maison..
Avec Charles nous voilà partis encore une fois sur les traces de mon enfance. Après avoir tourné viré quelques kilomètres nous sommes enfin arrivés dans ce village qui par extraordinaire n'a pas changé. La fameuse maison n'était pas difficile à trouver car c'était le presbytère, vieille demeure de la fin du XVIIe siècle toujours debout et aussi magnifique. Il faut dire que le curé du village était mon cousin germain. Je vous parle de ce temps il y a plus de 65 ans. Nous retrouvions la famille de mon père (on était bien 20 ou 25) dans cette belle maison de famille qui est un prieuré de la fin du XVII siècle, mais aussi "la cure" comme on disait.... Le presbytère quoi ! Je me souviens quand mon frère et moi jouions dans la bambouseraie qui a aujourd'hui disparue, remplacée par une pelouse et des fleurs.
La demeure est devenue un restaurant gastronomique très chic et la nouvelle l propriétaire des lieux m'a accueillie gentiment en me laissant visiter la maison de mon enfance.
A l'intérieur, bien que modifiées, je me souviens de chaque pièce, particulièrement de la cuisine et de la "souillarde" attenante. Petite pièce sombre ou il y avait une sorte d'évier en pierre grossier et un petit puits intérieur à coté duquel étaient posés un seau avec une louche en métal pour se rafraîchir d'eau. Plus tard, une pompe à main avait été installée.
Je me souviens également ma tante (une charmante vieille dame aux cheveux immaculés) qui peignait de délicates aquarelles à l'ombre du parc. La vieille bonne (j'ai encore oublié son prénom) qui accourait à la moindre demande de "Madame" et le jardinier qui soignait tout particulièrement les roses anciennes. On dirait presque un tableau de Claude Monet, mais je l'ai vécu. Et puis il y avait les repas ou les adultes racontaient chacun leurs anecdotes, et mon cousin l'abbé n'était pas en restes.
Nous avions un champions de grand chistera dans la famille, que nous allions voir jouer dans le village d'à coté ou Charles m'a aussi emmenée : Cozes ou j'ai revu le mur toujours debout ( pour ceux qui ne connaissent pas, sorte de panier d'osier fixé au poignet pour attraper et renvoyer la balle).
Que de souvenirs une fois encore sont remontés à la surface. Voilà un autre morceau de ma vie, ici c'était la grande bourgeoisie, de l'autre coté (famille de maman) les gens "simples du peuple". J'étais toute jeune (3 ou 4 ans) mais j'ai vite compris que je côtoyais deux monde très différents.
J'aurais encore beaucoup à raconter, mais ce serait trop long !
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